Les devoirs à la maison : j'peux pas, j'ai piscine !

Publié le par maman ... mais pas seulement

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Devoir, un simple mot pour tant de significations, un poids aussi, incontestablement et quel que soit le sens qu'on lui donne.

Le poids de la responsabilité de devoir faire quelque chose, d'avoir une dette.

Et c'est ce mot que notre langue a choisi pour nommer le travail que nos enfants doivent produire en dehors du temps scolaire, à la maison le plus souvent, avec leurs parents généralement.

Aïe, oui j'entends aussi grincer bon nombre d'entre nous à l'évocation des devoirs.

Que le parent qui ne s'est jamais énervé à propos des devoirs, senti exaspéré voire violent me jette le premier cahier !


 

Lorsque j'ai lu l'article de Psychologies Magazine de ce mois titré " En finir avec la corvée des devoirs ", je me suis dit presque tout de suite (après avoir cru découvrir un moyen même frauduleux d'empêcher la maitresse de Numéro 2 de lui donner du travail à la maison) que j'aimerais en parler ici.

C'est seulement ma cinquième participation aux Vendredis Intellos en 5 mois car je lis très peu d'ouvrages relatifs à la parentalité et l'éducation, au développement de l'enfant et tous ces sujets qui nous concernent, parents.

Mais quand j'ai  parcouru l'arbre des liens sur tous les thèmes abordés et que je n'ai pas trouvé celui des devoirs à la maison qui pourtant occupent une part non négligeable de notre quotidien, ça m'a décidé à me la jouer neuroneuse du vendredi.

" Il ne peut pas rester assis, elle pleure quand il faut s'y mettre, elle oublie de noter les exercices, je sors de mes gonds ..."

Voilà notamment ce qui ressort des nombreuses consultations de psychologues qui nous confirment évidemment que les devoirs cristallisent de nombreux enjeux.

Selon Brigitte Prot, formatrice à l'Institut supérieur de Pédagogie, les devoirs nous renverraient notamment à notre crainte qu'il n'y ait de place que pour les meilleurs élèves dans ce monde en crise.

Nous ne verrions plus notre enfant au présent selon Alain Sotto, auteur du blog Cancres.

Je dois reconnaître qu'à la maison, je projette clairement mes inquiétudes et mon souhait de réussite des enfants sur leurs résultats scolaires. Et les devoirs sont un des lieux privilégiés de mes projections.

Avec Numéro 2 dont le niveau scolaire est moyen et son avancée classique, je me désespère en permanence et j'ai beau essayer de me raisonner, de me dire qu'il n'est pas bon que ce moment là soit le lieu de pressions de ma part, c'est plus fort que moi : dés qu'elle bloque ou se trompe dans ses calculs, je monte très vite dans les tours et ça se termine régulièrement en pleurs ...

Oui je sais, pô bien !!!!

Bruno Hourst, auteur de J'aide mon enfant à mieux apprendre, nous rappelle que calmer ce moment est aussi important pour l'enfant que pour le parent.

 

Calmer ce moment, c'est bien joli joli mais en pratique, on fait comment ?

En ce qui me concerne, j'ai déjà bien visualisé que le contexte qui entoure le moment des devoirs n'y est particulièrement pas propice : la fatigue des Numéros après une journée d'école et le manque de temps pour se poser tout simplement et décompresser.

Je n'en suis pas pour autant plus patiente et compréhensive, moi-même prise par la préparation du repas et autres tâches domestiques, accaparée par Numéro 3 qui cherche à monopoliser mon attention et pas forcément très fraiche après une journée de travail.

Si le titre de cet article " En finir avec la corvée des devoirs " est un peu trop prometteur, on trouve quand même des pistes intéressantes pour éviter que les choses dérapent et essayer de faire en sorte que ce temps partagé avec nos Numéros ne soit pas seulement contraignant :

 

Désamorcer les tensions

Alain Sotto considère qu'un enfant que l'on houspille en permanence au motif qu'il ne se concentre pas ou qu'il fait toujours les mêmes fautes devient progressivement incapable de se représenter en situation de réussite (oups ...).

Quand les devoirs tournent au calvaire, l'enfant n'en retire aucun apprentissage. Il retient juste que son parent n'est pas content, que travailler est une douleur (re-oups ...).

Comprendre leurs besoins

Alain Sotto rappelle aussi qu'à la maison, l'enfant est une personne, pas un élève. Il doit sentir un intérêt du parent non pas pour ses notes mais pour lui et ce qu'il a vécu à l'école : ce qui l'a intéressé, les obstacles qu'il a surmontés, ses joies, ses peines ...

Il est important que l'exigence soit bienveillante, que le parent s'intéresse au travail accompli en exprimant curiosité et plaisir, en valorisant les nouvelles compétences tout en dédramatisant les erreurs de l'enfant et en l'encourageant.

Caroline Sost, directrice de l'école Living School, propose un outil de motivation intéressant : le cahier de réussite.

L'idée à la maison est de valoriser dans ce cahier les réussites quotidiennes, les fiertés de l'enfant.

Ainsi les qualités que l'enfant se reconnaît constituent le socle de sa confiance, cette fameuse confiance qui est ébranlée lorsque les devoirs se passent mal et donnent lieu à des reproches tels que "mais tu ne comprends rien ou quoi ?", " je ne peux  pas te faire confiance " (re-re-oups ...).

 

Si je ne me fais pas d'illusion sur le fait que les devoirs ne vont clairement pas devenir un wonderful et bioutifoul moment d'échange et de bonheur chez les Mais-pas-seulement (oui parce que Musclor pourtant rarement présent au moment des devoirs, n'est pas pour autant plus patient que sa grue d'épouse), la lecture de cet article m'a obligée à réfléchir, a mis le doigts sur mes jolis ratés et m'a permis de lâcher ... un peu ...


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Et pour plus de précisions sur la question :

- un article du Bulletin départemental du Nord rappelant l'interdiction légale des devoirs à la maison : ici,

- Brigitte Prot, Je suis pas motivé, je fais pas exprès ! L'Harmattan, 2010,

- Alain Sotto, Donner l'envie d'apprendre, comment aider vos enfants à réussir à l'école ?, Ixelles Editions, 2010,

- le site internet : mieux-apprendre.com,

- Dina Scherrer, Echec scolaire, une autre histoire possible, L'Harmattan, 2011.


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Kiara 10/02/2012

Bravo pour cet excellent article! Tes neurones ont bien bossé!
Je ne suis pas parent, je parle donc en tant que prof. Je donne TOUJOURS des "leçons" à faire aux élèves. Je n'utilise jamais le mot "devoir". Elles sont simples : relire ce qu'on a fait en classe
(le cours, les textes) et refaire les exercices, apprendre les notions. Parfois, j'ajoute un exercice pour approfondir. Une fois par séquence, ils doivent lire un livre et faire une fiche de
lecture, à leur rythme, ils ont plusieurs semaines pour le faire. Parfois il y a un exposé ou un dossier à constituer. A eux de gérer leur temps. Certains parents me remercient de ne pas surcharger
de travail leurs enfants et d'autres ne comprennent pas pourquoi leurs enfants n'ont "jamais" de devoir à faire. De toute façon, quoi qu'on fasse, ça ne plait pas! :-)
Mais je préfère donner peu de leçons, qu'elles soient faites correctement et par les élèves et non leurs parents (ça arrive régulièrement) et qu'elles soient utiles.
Désolée pour ce long commentaire!

Valérie 10/02/2012

Alors pour le moment, les devoirs (enfin les leçons, car les maîtresses sont comme Kiara) ne posent pas de problèmes mais je m'aperçois que oh mon Dieu, je suis un tyran: je monte très vite dans
les tours, je sors de mes gonds (ah ah elle est bonne celle-là!), je fais faire des lignes d'écriture quand il oublie son cahier ou son livre et fait des fautes sur un mot...
Mais surtout, je m'aperçois en lisant ton excellent article que mon attitude dans un autre domaine est peut-être aussi néfaste à son bon développement... mon grand est très lent, pas dégourdi et un
peu beaucoup à l'ouest donc j'enrage tous les jours de devoir répéter les mêmes trucs et lui dire 100 fois par jour "dépêche-toi"!
Il peut-être va falloir que je lâche du lest pour lui laisser acquérir son autonomie, si je ne veux pas que le quotidien soit synonyme d'enfer avec sa mère!
Dur dur d'être une bonne mère ;-)

Mme Déjantée 11/03/2012

Ben dis donc la miss, je ne te vois plus trop sur la blogo... J'espère que tu vas bien et que tes numéros aussi!! Je n'ai toujours pas réussi à trouver un créneau pour nous faire une bonne bouffe
tous ensemble, d'autant que je ressemble de plus en plus à une baleine^^... Je t'embrasse ainsi que ta clique!! Au plaisir d'avoir de tes nouvelles!!